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Le 19.04.2012

Les enjeux stratégiques de l’Europe numérique

Le WWW2012, se déroule à Lyon jusqu’au 20 avril, avec notamment la présence de Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne responsable de la stratégie numérique. Une nouvelle occasion, pour les chercheurs européens, d’échanger et de dessiner ensemble le futur numérique de notre continent. Pour l’heure, et jusqu’en 2013, le 7ème programme-cadre de recherche et de développement technologique reste la référence.

Lancée en mars 2010, la « stratégie numérique pour l’Europe » ne manque pas d’ambitions puisqu’elle vise « le déploiement des technologies de l’information et de la communication... pour la réalisation d'objectifs stratégiques tels que le soutien à une société vieillissante, la lutte contre le changement climatique, la réduction de la consommation d'énergie, l'amélioration de l'efficacité des transports, la responsabilisation des patients et l'insertion sociale des personnes handicapées ». A quoi viennent s’ajouter la promotion de la diversité culturelle et des contenus créatifs, et le développement de l’administration en ligne.

Autre chantier en cours, celui de l’Internet des objets : le 12 avril 2012, la Commission a lancé une consultation sur les règles concernant les dispositifs connectés intelligents - « l’internet des objets ». Elle se base sur un constat et sur un pari : de deux objets connectés, par utilisateur en moyenne, on pourrait passer à sept en 2015 - le monde compterait alors 25 milliards d’objets communicants sans fil, chiffre qui pourrait doubler en 2050. L’objectif de cette consultation, dont la synthèse est prévue pour l’été 2013, est d’obtenir les recommandations sur des enjeux comme le respect de la vie privée, la sécurité ou les normes de ces objets.

L’année 2013 devrait marquer un changement important dans la politique de l’Europe : appelé « Horizon 2020 », le nouveau programme de financement de la recherche et de l’innovation de l'Union, manifeste la volonté de « rompre avec le passé », et pour cela de susciter des idées neuves, de stimuler la croissance et de créer des emplois pour l'avenir.

Le nouveau programme se veut notamment plus simple sur le plan administratif, plus ouvert aux PME, et souhaite apporter des possibilités accrues « aux nouveaux entrants et aux jeunes chercheurs prometteurs ». Rappelons que, dès la Renaissance, l’européen Jean Bodin avait déjà noté : « Il n’y a ni richesse ni force que d’hommes... ».

L’Europe encourage les idées novatrices

On les appelle European Research Council ou ERC : elles désignent des bourses octroyées à des chercheurs par le Conseil Européen de la Recherche. Chaque année ces subventions sont attribuées à des projets de « recherche exploratoire » menés par des chercheurs débutants (« ERC Starting Grants ») ou confirmés (« ERC Advanced Grants »), qui travaillent en Europe. Elle leur permet de mener pendant 5 ans des recherches dites exploratoires ou à risque, c’est-à-dire « en dehors de tout programme, de toute stratégie de développement scientifique, nationale ou disciplinaire ». Pour les « ERC Starting Grants », le montant de la bourse allouée peut aller jusqu’à 1,5 millions d’Euros, et atteindre les 2,5 millions pour les « ERC Advanced Grants ».

Comme l’explique, Jean-Pierre Banâtre, directeur des partenariats européens chez Inria : « Inria participe à plus de 150 propositions sélectionnées dans le cadre du 7ème programme-cadre pour la recherche et le développement (PCRD), dont plus de 80 dans le thème TIC technologies de l’information et de la communication du programme Coopération... Depuis la création du concours sélectif ERC en 2007, nous pouvons déjà nous féliciter du succès de 23 chercheurs d'équipes de recherche Inria, jeunes et confirmés ». A noter que seulement 10 à 15 % des candidats sont retenus !

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