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Le 23.02.2012

Quels robots pour nos aînés ?

Pour que leurs parents puissent rester dans leur foyer, 80 % des Français seraient favorables à l'emploi de technologies, selon le Figaro. L’enjeu est considérable : en Europe, les plus de 75 ans devraient passer de 68 millions aujourd’hui à 84 millions en 2020. Alors pour aider ces personnes à mobilité réduite, des projets de robotique émergent, sur fond de contraintes budgétaires, dans le but de combler le futur manque de personnel spécialisé.
Kompaï, un robot français pour aider les personnes âgées - © Robosoft

Verrons-nous bientôt un robot humanoïde au chevet de chaque personne âgée, apte à rendre tous les services imaginables, depuis la préparation de petits plats jusqu’au dialogue intelligent, en passant par les soins médicaux ? Une telle armée n’est pas prête de se déployer  puisque ces humanoïdes sont encore beaucoup trop chers et peu adaptés à une situation malheureusement courante : la chute. Selon le Ministère de la Santé, chez les plus de 65 ans, les principales causes des accidents de la vie courante (AcVC) sont les chutes, responsables de 8 000 décès annuels - soit près de 22 décès quotidiens.

Il est vrai qu’il existe déjà des solutions simples et économiques, telles que les bracelets détecteurs de chute, capables de donner l’alerte. Mais l’usage a montré leurs limites : ils restent très souvent dans un tiroir et leur taux de retour au bout d’un an est élevé.

Depuis deux ans, avec son équipe (voir encadré ci-dessous), Jean Pierre Merlet mène une étude des besoins réels des personnes à mobilité réduite. Très approfondie, l’étude a associé des médecins, des aides-soignants, des personnes à mobilité réduite, des collectivités territoriales et des associations aussi expertes et impliquées que l’Association des Paralysés de France.

Une priorité s’est imposée au terme de l’enquête : l'autonomie face aux besoins corporels. Et une solution se profile : pour aider une personne de 80 kilos à se lever ou se relever, il faut une structure de levage puissante, facile à contrôler, sûre mais qui reste économique à construire, à installer et à réparer. Des contraintes fortes mais sur lesquelles aucune concession ne saurait être faite !

Aider les personnes fragilisées à vivre chez elles

Pas facile de soulever une personne à mobilité réduite, pour l’aider à sortir d’un lit ou d’un fauteuil, ou pour se relever après une chute. « La solution que nous mettons au point, Marionet-Assist, le permet déjà en laboratoire. Elle se présente comme un système à câble, une sorte de palan de levage, très discret, télécommandé par l’utilisateur. Mais sa vocation est de fonctionner dans l’habitat de la personne tel qu’il est, en se limitant à y installer quelques points de soutien », explique Jean Pierre Merlet, responsable scientifique de l'équipe de recherche Coprin (Contraintes, optimisation et résolution par intervalles), dans le cadre du programme PAL (Personally Assisted Living).

« Les coûts pourront devenir très bas, à condition de rendre cette structure facile à installer et à réparer par des artisans qualifiés. Ce qui impose aux chercheurs de réaliser au  préalable des calculs de contraintes sophistiqués. L’idée est d’anticiper sur les contraintes mécaniques rencontrées lors d’une installation particulière », poursuit-il.

Le levage n’est pas tout : il faut que l’appareil soit muni de détecteurs et d’outils de communication avec d’autres robots. Ces derniers, plus petits et spécialisés, pouvant gérer des tâches domestiques ou des situations d’urgence, par exemple.

« Pourtant, la commercialisation de tels dispositifs d’aide aux personnes n’est probablement pas envisageable avant 10 à 15 ans », souligne Jean Pierre Merlet. A chaque nouvelle avancée, de nouvelles autorisations de validations médicales sont nécessaires, un processus qui prend plusieurs mois. Des délais que l'on espère voir s'adapter à la progression parfois rapide des recherches en robotique.

 

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