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Le 20.12.2013

Quand le big data sauve des vies

Le typhon Haiyan a une nouvelle fois montré que le big data est un outil efficace au service des organisations humanitaires. Mais au fait, comment marche le big data dans le domaine particulier de l’aide humanitaire, et que peut-on vraiment en attendre ?

© Arcady_31 / iStockphoto

«Il y a une véritable opportunité d’utiliser le big data pour sauver des vies, mais la pratique en est encore à ses débuts», souligne l’ONU dans son rapport Humanitarianism in the network age (OCHA). Et de prendre le contre-exemple des crues de 2010 au Pakistan, pendant lesquelles près des 3/4 des informations, échangées entre le gouvernement et les organisations, étaient verbales ou sur papier ! Un tsunami de mots et d’information qui a empêché d’apporter une réponse globale et coordonnée...

Face à de tels événements, l’information numérique a d’immenses avantages : la standardisation, le partage rapide, la collecte et l’analyse des milliers d’informations qui remontent du terrain. Mais seul le big data - un ensemble cohérent d’outils numériques et statistiques - peut analyser en temps réel ces phénomènes évolutifs de grande ampleur qui se traduisent par des milliers de données provenant des gouvernements, des organisations humanitaires, des entreprises, et des individus eux-même : SMS, informations de géolocalisation, activité sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook...) et les blogs, recherche de certains mots-clés...

Le big data : utile avant une catastrophe


Le big data peut d’abord avoir un rôle préventif, de nombreuses catastrophes étant prévisibles quelques heures ou jours auparavant : ouragans, inondations, sécheresses, épidémies, famines, conflits, exodes massifs de populations... Avant que le typhon Haiyan ne s’abatte sur les Philippines, le 8 novembre 2013, des geeks du monde entier affutaient déjà leurs outils numériques. En France, La Fonderie et Five by Five ont rapidement lancé un appel à mobilisation générale. Chez Data Kind, aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, les spécialistes de la data sont régulièrement invités à devenir des «datas heroes» au cours de sessions.

Lors du tremblement de terre d’Haïti, l’analyse des messages sur Twitter aurait certainement permis de détecter une épidémie de choléra, près de deux semaines avant qu’elle ne le soit officiellement. De nombreuses vies auraient pu être sauvées. Il a également été prouvé, à posteriori, que la crise alimentaire mondiale de 2012 était prévisible : les tweets échangés en Indonésie reflétaient l’impact sur la population de la hausse des prix et de l’inflation.

Des cartes d’orientation pour aider les victimes et les secours


Pendant ou après une catastrophe, le big data permet de se faire une représentation globale plus claire de la situation. Et cela en construisant des cartographies, utiles aux populations comme aux intervenants. Ainsi l’organisation Digital Humanitarian Network a publié une cartographie interactive, bien utile aux secours et à la population des Philippines frappée par le typhon.

 

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