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Le 19.01.2012

Quand gamers et chercheurs se battent ensemble

Une équipe de gamers a gagné... son nom en bas d’un article scientifique ! Pendant 3 semaines, l’équipe a renoncé à exploser des zombies pour se défouler sur une « simple » protéine. En triturant une molécule en 3D sur leur écran, les joueurs ont fini par lui donner la forme idéale - selon les scientifiques du projet Fold It - pour combattre un virus apparenté au sida chez le singe.
© Getty

Combat épique : la fameuse protéine résistait depuis plus de 10 ans mais s’est repliée face à l’assaut de plus de 600 joueurs de jeux vidéos, répartis dans 41 équipes internationales. Au total, ils auront bombardé plus de 1 250 000 solutions...

Drôle d’idée de mobiliser des amateurs pour résoudre un casse-tête scientifique ? Appelée crowdsourcing (« approvisionnement par la foule »), la méthode s’avère visiblement payante si on met le paquet : la force brute remplace l’expertise.

Ce sont parfois les capacités d’observation d’une armée d’amateurs qui sont mobilisées dans de vastes projets scientifiques. Il peut s’agir d’examiner les images immenses et hyper-détaillées du télescope Hubble. Pas facile d’identifier dans telle portion de l’espace le nombre et la forme des galaxies (projet GalaxyZoo). Pourtant plus de 250.000 personnes se sont déjà passionnées pour ce « jeu ». D’autres ont préféré chercher des planètes (projet Zooniverse).

Pour les scientifiques, le crowdsourcing devient un enjeu aussi important que d’acquérir de nouveaux instruments ou une équipe de chercheurs plus nombreuse. Mais attention, pour séduire les foules, il faut capter leur attention... et donc inventer des jeux. C’est l’un des objectifs du projet NightScience, auquel tout le monde peut (évidemment) participer.

Autre stratégie pour lever une armée de bénévoles : remplacer l’appât du jeu par l’esprit citoyen. Des centaines d’observateurs sont ainsi invités à déferler sur nos plages pour en évaluer la biodiversité (programme BioLit organisé par Planète Mer en partenariat avec le Muséum National d’Histoire Naturelle).

La force du nombre, donc ? Pas seulement. Car les amateurs semblent avoir un avantage sur les experts : ils sont parfois plus créatifs. Selon Allan Snyder, spécialiste du cerveau et de la créativité, les experts se fabriquent de puissants schémas mentaux dont ils n’arriveraient parfois plus à sortir. Avis aux amateurs !

Vers la botanique numérique collaborative

Vous partez vous balader en forêt ? Profitez-en pour faire avancer la science  ! Pas besoin de matériel d’observation coûteux et sophistiqué, votre téléphone mobile suffira. Grâce lui, vous pourrez photographier les feuilles des arbres, les plus communs ou les plus rares. Envoyez ces photos à l’équipe de botanistes de Tela Botanica, un réseau francophone qui réunit plus de 16 000 membres, botanistes confirmés, enseignants ou simples amateurs.

Votre balade leur sera utile puisque vos photos iront rejoindre leur banque d’images, constituée dans le cadre du projet Pl@ntNet . Ce projet bénéficie des performances uniques du moteur de recherche visuel Ikona, développé par l’équipe Imedia d’Inria. Facile d’identifier une plante : envoyez une photo à l’application Pl@ntNet-ID et vous saurez à quelle espèce elle appartient !

Déjà, Inria planche sur des améliorations de son moteur de recherche visuel afin de l’appliquer à des sujets aussi divers que la presse, les insectes ou les douanes...

 

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