Sites Inria

Le 15.10.2013

Logiciel libre... mais de quoi ?

A l'occasion de l'Open World Forum 2013, nous sommes allés promener un micro dans les couloirs du Beffroy de Montrouge. L'objectif était de poser cette question un peu candide et "qu'on ne pose pas d'habitude" aux participants : le logiciel libre, d'accord, mais libre de quoi ?

Eugène Delacroix [Public domain], via Wikimedia Commons

Run, copy, modify !


Pour Laurent, cela signifie« libre au sens de la GPL*: run copy modify ! On peut l'utiliser, on peut le copier, on peut le modifier. »

Sébastien précise : « a priori, c'est libre de droit : le code est libre parce que tout le monde peut le lire, et libre de droit parce que tu abandonnetes droits de propriétés, dans le sens où tu permet à d'autres de réutiliser»

Cet aspect est capital pour Thomas également. L'utilisateur doit avoir la liberté « de regarder comment le logiciel est fabriqué, de le modifier et ensuite de le redistribuer comme il veut pour le partager. »

Sécuriser et adapter


Certains mettent l'accent sur l'importance de pouvoir observer et comprendre le code source*. Il faut que le code soit « ouvert pour pouvoir regarder un peu ce qu'il y a dedans », et même« vérifier s'il n'y a pas de backdoor*»

Pour Fabrice, la notion de liberté est plus globale. « Les gens pensent que libre signifie que les sources sont disponibles, alors que la liberté c'est de pouvoir faire ce qu'on veut avec le code. » Par exemple, « pouvoir vraiment l'adapter à son besoin » : un logiciel doit être « libre de faire tout ce que vous voulez que ça fasse, libre de vous aider et d'aller jusqu'au bout des choses avec vous. »

C'est ouvert !


D'autres vont plus loin encore. Patrick préfère la notion d'ouverture, et à travers elle « la possibilité pour la connaissance de circuler, et donc de se démultiplier, de se propager, de faire des petits. Je vois la possibilité dans cette ouverture là de grimper sur les épaules de ceux qui nous ont précédé et de monter plus haut et plus rapidement. S'il faut revenir à libre, c'est le contraire d'enfermé... donc on va rester sur l'ouverture. »

Stéphane digresse : « Je pense à standardisation, à interopérabilité... quand je prends un stylo, je peux prendre n'importe quel stylo, je m'en fiche de savoir comment il a été fabriqué, en revanche je peux toujours écrire avec. Et toi tu peux lire le message que j'ai fait parce qu'on a le même langage. Et ça c'est génial. »

 

Les notes de Mathilde *Candide* De Vos

 

backdoor : Littéralement "porte de derrière" - dans un programme, il s'agit d'une fonctionnalité dont l'utilisateur n'est pas averti et qui permet d'acceder, en secret, à l'application.

code source : c'est le texte qui contient les instructions que l'ordinateur doit exécuter pour faire fonctionner un programme. ce texte, écrit dans un langage de programmation compréhensible par l'humain, est ensuite traduit en code binaire (une série de 0 et de 1), le langage du microprocesseur.

GPL : En français "Licence publique générale GNU". Ce texte, rédigé par Richard Stallman, fixe/définit les conditions d'utilisation des logiciels libres du projet GNU. De nombreux projets libres ont décidés d'adapter cette licence pour leur projet.

Propulsé par