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Le 03.07.2012

Mieux que l’écran géant : le mur d’écrans interactif !

Stades, salles de concert, centre commerciaux... les écrans géants fleurissent. Impact émotionnel garanti ! Côté information, par contre, rien d’exceptionnel : les images immenses ne sont pas forcément plus détaillées, ni interactives. Puissantes, nos capacités perceptuelles et notre intelligence visuelle pourraient nous permettre de voir beaucoup plus d’information sur ces écrans... La solution existe mais ne s’affiche que dans quelques labos : c’est le mur d’écrans interactif.
Mur d’écran Wild - © CNRS Phototheque / Cyril FRESILLON / ESA / Planck HFI & LFI Consortia

Côte à côte, 32 écrans, de 30 pouces de diagonale chacun : au total, plus de 130 millions de pixels étalés sur le mur. « On peut vraiment afficher beaucoup de données en même temps. On les consulte en se déplaçant devant le mur, tout en conservant de très nombreux détails dans le champ de vision. Les écrans réagissent aux actions des utilisateurs, pour faciliter l’exploration des données. C’est intéressant pour une personne mais aussi pour un groupe, afin de mieux travailler ensemble », explique Emmanuel Pietriga, de l’équipe de recherche In-Situ chez Inria (Saclay).

A la question inévitable : « quelle différence avec le film Minority Report ? », Emmanuel Pietriga répond : « il y a, c’est vrai, quelques ressemblances... mais nos expérimentations nous ont prouvé que les interactions à base de gestes à main libre sont souvent plus fatigantes et moins précises qu’un petit mouvement, celui d’un doigt sur l’écran d’une tablette, par exemple. » Pour autant, une interface gestuelle pure « à la Minority report » est intéressante si les utilisateurs n’ont pas de capteurs ou d’outils pour interagir à leur disposition, dans un lieu public, par exemple.

« Pour tester nos solutions, nous avons travaillé avec des spécialistes de différents domaines scientifiques, par exemple en neuro-imagerie. Notre mur d’écrans leur permet de comparer des coupes de cerveau de nombreux patients simultanément, ce qui leur permet d’identifier plus facilement les similarités et les différences entre patients atteints d’une même maladie », précise Emmanuel Pietriga. On peut aussi utiliser de tels murs d’écrans interactifs dans d’autres domaines scientifiques et secteurs professionnels : astronomie, géographie, conception assistée par ordinateur pour l’industrie... Chaque utilisateur a la possibilité d’afficher de grandes quantités de détails. Il peut aussi échanger des données avec d’autres utilisateurs, les visualiser à des échelles différentes, sélectionner d’autres images, etc.

« C’est un outil puissant, pour lequel les souris et claviers habituels ne sont pas bien adaptés. Donc nous développons des outils spécifiques, permettant à chacun des membres d’interagir efficacement avec les données affichées », poursuit Emmanuel Pietriga. A l’évidence, le mur d’écrans interactifs est appelé à devenir un média à part entière, prêt à stimuler l’intelligence individuelle et collective !

Faciliter l’utilisation des murs d’écrans

« Nous avons d’abord étudié les murs d’écrans dans le cadre de la plateforme WILD (wall-sized interaction with large datasets), centrée sur la représentation de données scientifiques », souligne Emmanuel Pietriga, Au mur, les écrans sont côte à côte et chacun conserve son cadre. « Notre plateforme en tient compte : on voit un objet comme si l’on était placé derrière une fenêtre barreaudée - ce que les utilisateurs comprennent immédiatement ». Cette solution de vision s’avère généralement moins gênante que la juxtaposition pure et simple des images.

Mais « cette dernière solution qui « briserait » une ligne continue traversant deux écrans, reste néanmoins utilisable, voire préférable dans certains cas, comme nous le constatons dans des expériences avec les utilisateurs. L’un des aspects de nos recherches consiste justement à mesurer la capacité des utilisateurs à accomplir certaines tâches liées à la perception visuelle dans des conditions d’affichage particulières. Les analyses statistiques produites par ces expériences de laboratoire aident les concepteurs à optimiser leurs interfaces. »

La plateforme WILD est constituée de 32 écrans pilotés par 16 ordinateurs à gérer simultanément. Les données à afficher doivent donc être distribuées sur une grappe d’ordinateurs mais elles doivent apparaître aux concepteurs d’application comme une seule image, gérée depuis une seule interface !

« Nous avons développé un logiciel permettant de créer des interfaces avancées (en termes d’affichage et d’interaction). Grâce à lui, une application standard, sera automatiquement adaptée pour fonctionner sur une plateforme en grappe telle que WILD, en ajoutant seulement quelques lignes de code. »

Ce logiciel permet aussi de configurer les interfaces d’entrée particulières : capteurs de posture ou de mouvement des membres du groupe de travail devant le mur d’écrans, capteurs de position d’objet, gestion des interactions avec les smartphones ou tablettes tactiles des participants, etc. Des outils hyper-réactifs, capables d’identifier le geste particulier d’un participant et d’adapter instantanément le mur d’écrans.

 

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