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Le 12.02.2014

Les drones à l'assaut des nuages

Une nouvelle génération de drones open source est en train de voir le jour, avec pour objectif de faciliter la collecte de données terrestres et aériennes. L'enjeu est à présent d'intégrer ces nouveaux aéronefs télépilotés à l'espace aérien.

© kontrast-fotodesign / iStockphoto

Les drones envahissent le ciel. Pour un coup de pub d'Amazon ou à des fins militaires (pour la surveillance ou le combat), ces aéronefs sans pilote facilitent l'exploration à moindres coûts de la plupart des recoins de la planète, mais aussi du ciel et des nuages.

Apprentis paparazzi


La France est plutôt en avance sur le sujet. Dès 2006, l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile (Enac), chargée de former des ingénieurs aéronautiques, s'est appuyée sur les travaux déjà menés par plusieurs enseignants passionnés afin de lancer la première mouture de son programme "Drone" visant à développer en open source une plateforme pour micro et mini-drones. « À l'origine, l'objectif du système, baptisé Paparazzi, était surtout pédagogique », précise Catherine Ronflé-Nadaud, coordinatrice de l'unité de recherche et d'innovation sur les drones de l'Enac. « Nos élèves travaillent sur beaucoup de projets appliqués, par exemple sur l’optimisation d'un pilote automatique ou la modification d'une boucle de contrôle. Mais nous voulions utiliser des drones pour leur faire prendre conscience que des facteurs externes sont aussi susceptibles de venir perturber les fonctionnements simulés... »

Drones superstars


Les premiers drones de l'école ont rempli cet objectif. Mais pas seulement. Le projet Paparazzi a pris de l'ampleur et la plateforme est aujourd'hui utilisée par une soixante de laboratoires dans le monde, dont un noyau dur de trois gros contributeurs : l'Enac, toujours, mais aussi TU-Delft (l'université de technologie de Delft, aux Pays-Bas) et le DLR (centre de recherche de l'Allemagne pour l'aéronautique et l'aérospatiale).

« Nous avons aussi eu la surprise d'être assez rapidement contactés par des industriels et l'armée américaine, qui nous ont proposé de financer plusieurs projets de recherche » indique Catherine Ronflé-Nadaud. Entre autres exemples, les chercheurs de l'école participent actuellement au projet Voltige de Météo France (financé par l'Agence nationale de la recherche), destiné à l'étude du brouillard, et ils collaborent au nouveau projet "Sky-scanner" (démarrage en avril 2014) visant à faire s'envoler des essaims de minidrones pour scanner le ciel ou la surface de la terre.

Trouver sa place parmi les nuages


Pour Catherine Ronflé-Nadaud, outre la nécessité de veiller à ce que drones et capteurs puissent fonctionner ensemble, « l'une des difficultés de ce type de projet consiste à arriver à une nouvelle forme de navigation coopérative, où les drones échangeront en temps réel leurs données de navigation ».

Et quelle que soit l'initiative, le défi prioritaire est toujours le même pour l'Enac, qui répond aux besoins de la Direction Générale de lAviation Civile (DGAC). « Il s'agit d'arriver à intégrer les drones dans l'espace aérien, en veillant à ce qu'ils détectent automatiquementet évitent les autres aéronefs et les obstacles, ce que nous ne savons pas faire pour l'instant », conclut la spécialiste. L'Union Internationale des Télécommunications (UIT) réserve déjà une bande de fréquences aux drones évoluant dans l'espace aérien. Reste donc pour les autorités aériennes, les industriels et les télépilotes certifiés à apprendre à l'exploiter pleinement

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