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Le 25.06.2012

La RFID fait un carton

Devinette : une palette de livraison contient 50 cartons d’emballage : comment connaître leur contenu, sans les ouvrir ou utiliser de rayons X ? C’est possible grâce aux étiquettes RFID et à leurs ondes radio ! Trop chères pour être utilisées massivement, on peut réduire leur coût en les imprimant sur les cartons d’emballage. Du stockage à la distribution de produits, toute la chaîne de production va gagner en efficacité et réduire son impact écologique !
© Getty

Vous en avez certainement déjà vu : elles servent souvent d’antivol sur les emballages. Toutes simples, les étiquettes RFID n’ont que deux éléments : un fil d’antenne métallique enroulé et une puce. Egalement appelées « tags », ces étiquettes sont lisibles par ondes radio (Radio Frequency Identification Device), et cela à une distance allant de quelques centimètres à une dizaine de mètres. La puce n’a pas de batterie et ne peut pas émettre spontanément. Mais dès qu’elle passe dans le champ électromagnétique d’un lecteur, elle capte suffisamment d’énergie pour lui envoyer les informations qu’elle contient.

L’antenne métallique représente presque 99% de la surface d’une étiquette RFID classique. Une technologie récente, le Decartag, permet d’imprimer l’antenne sur du papier ou du carton d’emballage, avec une encre conductrice peu polluante. Cette méthode est plus écologique puisqu’il n’y a pas d’antenne métallique résiduelle quand le carton est recyclé ou détruit : il ne reste que la minuscule puce à gérer. L’identification automatique des cartons et du détail de leur contenu devient possible - toute la chaîne logistique peut réduire ses coûts et son impact écologique puisque les opérations d’inventaire, d’orientation et de décompte des produits emballés sont accélérées. L’identification automatique des cartons devient possible - toute la chaîne logistique peut réduire ses coûts et son impact écologique.

Le Decartag est issu du projet Decarte (DEveloppement de CARTon Electronique), lequel bénéficie d’un financement FUI (Fonds Uniques Interministériels) accordé aux projets de recherche appliquée entre des pôles de compétitivité et des grandes entreprises, PME ou laboratoires de recherche. Decarte réunit de nombreux acteurs publics et privés, dont Inria, l’IEMN, le pôle de compétitivité Maud et les Cartonneries de Gondardennes. Il a été primé en décembre 2009 et a remporté un European RFID Award en mars 2012.

Cette technologie d’impression RFID ne coûte qu’environ 5 centimes à l’unité (soit près de la moitié du prix de la technologie classique). Elle est utilisable sur les livres ou magazines, et stocke plus d’informations que les tags habituels (Code QR). Ce qui ouvre d’immenses perspectives aux utilisateurs de téléphones à lecteur NFC, chaque jour plus nombreux...

Des lecteurs plus intelligents

La limite de cette technologie intervient lorsque deux puces « parlent » en même temps, le lecteur RFID ne comprend plus rien ! Et quand deux lecteurs interrogent la même puce, la réponse est inexploitable... « Je travaille sur des protocoles de communication anticollision, afin qu’une puce sache quand répondre et être la seule à le faire à un instant donné », explique Nathalie Mitton, responsable de l’équipe de recherche Fun à Inria (Lille). « Notre équipe d’informaticiens est associée au projet Decarte et elle se focalise sur une question : comment lire une puce RFID de façon efficace ? ».

Concrètement, l’équipe apporte ses réponses sous forme d’algorithmes, applicables avec des étiquettes RFID classiques ou imprimées. Ainsi, le lecteur peut obliger les puces à répondre séparément (par exemple, en demandant à celle dont l’identifiant commence par XX à répondre). Ou encore, chaque étiquette tire aléatoirement un numéro et répond dans la plage de temps correspondante.

« La gestion des collisions intervenant quand deux lecteurs lisent la même puce doit être améliorée. Nous explorons des solutions qui consistent à ordonnancer les lecteurs ou encore à jouer sur les puissances d’émission de chacun pour induire une différence détectable », poursuit Nathalie Mitton.

Des collisions surviennent souvent quand on veut faire le scan global d’un entrepôt ou d’une cargaison entière. « Les utilisateurs perdent beaucoup de temps à chercher la meilleure disposition possible des lecteurs afin qu’ils couvrent beaucoup de volume sans générer de collisions. Nos recherches tendent à rendre les lecteurs plus intelligents, c’est-à-dire capables de bien fonctionner même si leur disposition n’a pas été choisie de façon optimale. »

De telles solutions seraient également bien adaptées à des lecteurs mobiles. Situations typiques : un inventaire en rayon, ou la recherche d’un produit ayant certaines caractéristiques et devant être retiré de la vente. « Là aussi, pour des raisons d’optimisation des coûts, il est préférable d’avoir des lecteurs qui gèrent eux-mêmes la problématique plutôt que de mettre en œuvre une connaissance globale de tous les lecteurs », conclut Nathalie Mitton. Comme les étiquettes RFID, les lecteurs s’engagent sur le chemin d’une intelligence augmentée !

 

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