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Le 04.03.2014

Imprimante 3D : les 7 questions que vous n'osez pas poser

Elles sont partout et surtout dans les médias : les imprimantes 3D soulèvent beaucoup de questions ! Voici quelques réponses pour vous aider à y voir plus clair.

Est-ce qu’on peut vraiment imprimer des pizzas ?

L'impression 3D semble vouloir entrer en force dans nos cuisines. Donnez-leur du sucre ou du chocolat, et elles vous fabriqueront des bonbons et des confiseries aux formes improbables, comme le fait la ChefJet. Encore chère, plus de 3500 €, elle se destine aux petits artisans et aux gourmands fortunés. Mais si vous êtes plutôt "salé", vous suivrez de près les évolutions du projet d'imprimante à pasta de Barilla. Là aussi, la fantaisie des formes est inédite. Au rayon de l'alimentation italienne, l'imprimante à pizzas de la Nasa vous fera sûrement autant rêver. On ne sait pas si elle va s'envoler un jour mais elle a rapporté 125 000$ à son concepteur Anjan Contractor. Nettement moins coûteuse, la Foodini, encore un concept, promet de venir jouer les pizzaiolos dans votre cuisine...

Et des maisons ?

C'est sûrement l’innovation la plus impressionnante, même si elle n'est pas encore industrialisée. La Contour Crafting Machine dépose un filament de béton, jusqu'à construire entièrement les murs d'une maison... en moins de 24 heures. Inventée à l'Université de Californie du Sud, cette machine ouvre des perspectives immenses, pour la fabrication ou la préfabrication de bâtiments aux formes audacieuses ou classiques.

Est-ce que tout le monde aura une imprimante 3D chez soi ?

On nous garantit une imprimante 3D dans chaque foyer, et ce n'est pas vraiment réaliste. La réalisation d'objets à la demande, dans une boutique ou atelier de fabrication numérique près de chez soi, semble un modèle plus porteur. Les premiers services d'impression de ce type apparaissent déjà, comme chez Auchan ou à La Poste.

De leur côté, les passionnés fabriquent et réinventent les imprimantes 3D, à domicile ou dans les fablabs du monde entier. Et parfois les vendent avec succès sur Kickstarter, ou bien ils diffusent librement les plans, sur Instructables par exemple.

Est-ce qu’on pourra absolument tout réparer soi-même ?

Votre machine à laver est en panne ? Pas de problème, vous allez identifier la pièce abîmée, télécharger son plan en 3D, imprimer la pièce chez vous, puis l'insérer à la place de l'ancienne... ça vous fait peur ? Pas de panique, le mouvement des makers ce n'est pas que des machines : c'est aussi des milliers de modèles, plans, vidéos, tutoriels, sites et forums où on apprend à fabriquer et réparer à peu près n'importe quoi !
Et pour ceux qui ne veulent pas du tout se lancer dans le bricolage, les imprimantes 3D ont aussi un bel avenir dans les services après-vente des industriels . Ainsi votre dépanneur, au lieu de commander une pièce, pourra la faire réaliser localement par son fournisseur de pièces détachées. Plus vite et moins cher.

Est-on vraiment obligés d'utiliser du plastique, peu écologique ?

Beaucoup d'imprimantes 3D utilisent un filament de plastique ABS, d'origine pétrolière, qu'elles font fondre par petites touches pour fabriquer un objet. Mais il est déjà possible d'utiliser des filaments de PLA, biodégradable. Et on pourra peut-être bientôt utiliser un filament à base d'algues, le SeaWeed Filament, co-inventé par le FabShop et le breton Algopack.

La France est-elle dans la course ?

L'industrie française de l'impression 3D avait perdu son champion, avec le rachat de 3D Phenix Systems par l’américain 3D Systems... mais la résistance s'organise. Ainsi, le Groupe Gorgé apporte désormais ses moyens financiers et techniques à sa filiale Prodways, issue du rachat de la société Phidias Technologies, très en pointe dans l'impression de matériaux céramiques notamment. Depuis que Barack Obama a déclaré que l'impression 3D serait la prochaine révolution industrielle, la compétition internationale est lancée. À Singapour, un plan de soutien de cinq cents millions de dollars sur les cinq ans à venir est lancé. En Grande-Bretagne, le gouvernement devrait investir plus de quinze millions de livres pour bâtir un centre spécialisé. L'Afrique explore elle aussi la piste prometteuse de l'impression 3D. En France, les acteurs de l'impression 3D pourraient jouer un rôle important dans les trente-quatre plans de la Nouvelle France industrielle, notamment les fablabs - véritables incubateurs d'imprimantes 3D - qui font l'objet d'un soutien actif du gouvernement.

Y a-t-il des opportunités pour les professionnels, PME et artisans ?

Les imprimantes 3D professionnelles ouvrent des possibilités nouvelles aux PME et aux activités artisanales, pour seulement quelques milliers d'euros. Ce qui permet d'envisager la réalisation rapide de prototypes, la fabrication de petites séries ou la réalisation de maquettes architecturales, par exemple. Des modèles de précision nanométrique font leur apparition (OWL Nano), et l'utilisation de nombreux métaux est possible (Mini Metal Maker), y compris le titane (Metalysis). Même le carbone, dont la solidité est comparable au métal, est devenu "modelable" (Mark One). Par ailleurs, des sous-traitants proposent leurs services aux PME, comme le fait Sculpteo, par exemple. Plus besoin d'investir !

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