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Le 02.10.2012

Des milliards d’objets dans le web diffus...

En 2020, le nombre d’objets communicants approcherait des 24 milliards, contre 9 milliards dénombrés en 2011. Pas étonnant que «The Internet of the things» soit le thème choisi pour la prochaine édition de LeWeb 2012 à Paris ! Déjà, des chercheurs en informatique posent les bases d’un dialogue efficace entre les objets et nous. Un dialogue qui passera massivement par le web ou ses outils, pour constituer un nouveau monde : l’Internet des objets. Ou ce qu’il est convenu d’appeler le web diffus...
© onoky pour Fotolia

Pour imaginer notre proche avenir, celui d’une communication avec les objets et entre eux, il faut rapprocher quatre évolutions techniques majeures. D’abord, la montée en puissance et la miniaturisation des objets numériques, associée à la baisse de leur coût de production. Pour exemple, nos smartphones ont plus de puissance qu’un PC d’il y a 10 ans, et on en trouve désormais plus en Chine qu’aux États-Unis... Ensuite, le réseau Internet et télécom mondial se développe à une vitesse foudroyante. Quant aux smartphones et autres objets communicants, ils deviennent capables de « percevoir » leur environnement, grâce aux capteurs les plus divers (micros, capteurs d’image, accéléromètres, GPS, thermomètres, détecteurs de présence...). Enfin, les informations accessibles par Internet connaissent une véritable explosion (big data).

« Ces quatre éléments ouvrent un champ d’applications potentielles immense, que l’on appelle l’informatique diffuse. Mais il n’y a pas encore de convergence entre ces 4 éléments d’un point de vue industriel », souligne Manuel Serrano, directeur de l’équipe de recherche Indes (Informatique Diffuse et Sécurisée), à Inria-Sophia Antipolis. Quelques réalisations partielles, notamment en domotique n’en illustrent que les premières possibilités... Car les difficultés techniques sont nombreuses ! «Si j’entre dans votre salon avec mon smartphone, il ne pourra généralement pas envoyer directement mes photos sur votre téléviseur : il ne « sait » même pas qu’il existe et quelles sont ses possibilités », explique Manuel Serrano pour ne donner qu’un exemple de cette « tour de Babel » que devient notre environnement quotidien, peuplés d’objets numériques incompatibles.

En fait, le web diffus semble même carrément hostile ! Surtout si on le compare à l’univers discipliné de l’informatique classique, telle qu’on la voit fonctionner dans des environnements industriels et professionnels où la compatibilité règne. Si l’informatique classique force le milieu à s’adapter - l’informatique diffuse doit s’adapter au milieu, tel qu’il est. « Ce qui impose de s’adapter à une chute de débit quand il pleut, ou quand un utilisateur s’éloigne, ou quand un appareil électrique perturbateur s’allume », remarque Manuel Serrano « le challenge est donc de concevoir des programmes qui sauront s’adapter aux conditions défavorables ! »

Et HOP... c’est programmé !

 

salon connecté

Pour écrire un logiciel adapté à l’informatique diffuse, par exemple une application domotique, il y a désormais deux méthodes. La méthode classique consiste à écrire plusieurs programmes, un pour chaque élément (smartphone, chaudière, etc.), dans des langages différents. L’autre méthode repose sur un seul programme, écrit dans seul langage : le langage HOP, inventé par l’équipe de recherche Indes (Informatique Diffuse et Sécurisée), dirigée par Manuel Serrano à Inria-Sophia Antipolis.

« Un programme écrit en HOP se récrit lui-même pour s’adapter à chaque machine de la chaîne à contrôler », explique Manuel Serrano. Open source et conçu pour le web 2.0, ce langage en unifie les principales technologies : une application déjà écrite en HTML5 ou en Javascript sera réutilisable avec HOP, sans adaptations. « Nous avons placé l’effort d’adaptation du côté de HOP qui est en quelque sorte un sur-ensemble des langages et outils web. En prenant en compte l’ensemble des contraintes de sécurité qui s’imposent dans ce domaine où co-existent des données privées et publiques ».

Avec HOP, il a été notamment démontré qu’on pouvait créer simplement des applications communicante domotiques, ou des applications multimédia similaires à iTune d’Apple, mais qui ne se limitent pas à l’environnement Apple et tourne aussi avec un environnement Androïd, un PC et une chaine hifi par exemple. « Nous voulons maintenant mêler le monde de la robotique et celui de l’informatique diffuse, ce qui pourrait donner des applications industrielles intéressantes. Autant de nouveaux problèmes, certains bien connus par les spécialistes de l’open data, comme passer d’un modèle « donnée » à un modèle « flux » afin de tenir compte de l’actualisation de cette donnée, une contrainte typique du web d’aujourd’hui 

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