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Le 04.04.2013

C'est quoi cette plante ? Votre téléphone va vous le dire

Certes le printemps est en retard cette année mais l’envie de se promener en pleine nature est de retour. Pas besoin d’emporter un gros livre pour reconnaître les plantes rencontrées en balade. Faites une photo avec votre smartphone et vous en saurez plus... Et vous contribuerez à une meilleure connaissance de nos écosystèmes.

Crédits : Pl@ntnet

Avant de partir en forêt, prenez quelques secondes pour télécharger l’appli gratuite PlantNet mobile sur votre iPhone ou iPad (une appli Androïd est en cours de développement). Si un arbre ou une plante sauvage interpelle votre curiosité, prenez-la en photo avec l’application. Cette photo sera automatiquement envoyée aux ordinateurs de PlantNet, où elle sera comparée à toute la collection de photos de plantes. Si vous n’êtes pas tombé sur une plante rarissime ou très malade, il y a de fortes chances que vous receviez des photos des plantes les plus ressemblantes. Par contre, inutile d’emporter PlantNet mobile avec vous au jardin : seules les plantes sauvages de France métropolitaine sont aujourd’hui reconnues.

«L’idée est de comparer la photo d’un végétal à toutes les images de notre collection : les images les plus similaires sont identifiées et une liste des espèces les plus probables est proposée. Des fiches permettent d’affiner cette comparaison interactive et d’en savoir plus sur la plante identifiée», explique Alexis Joly, chargé de recherche dans le projet PlantNet, membre de l’équipe-projet Zenith à Inria (Montpellier). Cette collection d’images est alimentée par le réseau de botanistes francophones Tela Botanica, qui regroupe environ 19 000 membres. Très active, cette association monte régulièrement des projets de science participative dans lesquels les citoyens sont mis à contribution. Par exemple, le projet Photographier des fleurs c’est faire progresser la recherche vous invite à envoyer des photos de fleurs d’arbres de la flore française métropolitaine, lesquelles seront peut-être sélectionnées puis intégrées dans la collection d’images.

Herborisation du promeneur solidaire

«Notre collection regroupe déjà 800 espèces sauvages et d’ici l’été nous espérons regrouper 100 000 images et 5000 espèces, afin d’être représentatifs de la flore française continentale», poursuit Alexis Joly. La flore tropicale est le prochain challenge : «avec le Cirad, qui est impliqué dans la recherche agronomique pour le développement des pays du sud, et grâce au soutien de la Fondation Agropolis, nous développons un outil sur la flore de la Réunion, et à terme sur celle de la Guyane. Les flores tropicales sont beaucoup plus riches et moins bien connues : on parle de centaines de milliers d’espèces pour la planète. Et l’intérêt est encore plus important pour les scientifiques parce que l’identification d’une plante tropicale ne peut généralement être faite que par une poignée d’experts dans le monde !

A terme, Pl@ntNet pourrait avoir d’autres applications utiles. Déployer la surveillance écologique des plantes d’une zone ou d’un territoire, par exemple. «Ceci permettrait de répondre à des questions telles que : est-ce que les changements climatiques ont une influence sur les plantes dans une zone, une région, voire un pays ? Quelle en est la répartition des espèces ? De quelle manière évoluent-elles ? Si nous parvenons à mobiliser suffisamment d’observateurs, nous pourrions produire des cartes dynamiques montrant de telles évolutions», souligne Alexis Joly.

Alors comment se rendre le plus utile possible, tout en se promenant ? Il suffit de regarder sur le site quelles sont les espèces les moins photographiées. En ce moment, des photos de fleurs du saule Marsault, du prunelier ou les fruits du gui seraient très appréciées !

Le projet PlantNet est soutenu par Inria, l’Inra, le Cirad, l’IRD et la Fondation Agropolis.

 

Edit du 16/01/14 : Découvrez la vidéo PlantNet, et la science devient participative

 

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Photo : Field of flowers de Alesa Dam - licence CC BY-NC-SA 2.0

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