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Le 18.01.2012

Mon nouveau robot m’obéit au doigt et à l’œil

Il est arrivé ! Votre premier robot humanoïde est là, dans sa boîte, prêt à prendre vie. Mais après l’avoir posé sur ses deux pieds vous réalisez... qu’il ne fera rien sans vous. Alors comment lui donner vie ? Tout dépend de vos ambitions. Disons que vous voulez juste qu’il bouge son bras…
© Getty

Avec certains modèles, comme le Robonova-1, le DARwIn-OP ou le Lego Mindstorms, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de saisir son bras et de lui faire effectuer le mouvement voulu. En mode apprentissage, le cerveau électronique du robot surveille toutes les impulsions reçues par les capteurs de son bras et enregistre le mouvement imposé. Facile, avec cette méthode, de lui inculquer des gestes simples de combat ou de danse.

Pour gagner en fluidité et en précision, il faut changer de méthode. Aujourd’hui, certains robots permettent de dialoguer sans vous imposer un langage de programmation abstrait que seuls peu d’entre nous maîtrisent. La solution ? Indiquer au robot la marche à suivre, c’est-à-dire la liste exacte des gestes à effectuer l’un après l’autre à l’aide d’une souris, d’un écran et d’une liste d’icônes représentant chacune une action du robot.

En plaçant les icônes dans l’ordre voulu, on crée une combinaison de mouvements. L’ordinateur saura ensuite communiquer votre séquence d’ordres au cerveau du robot (par ondes Bluetooth ou wifi).

Vous voulez changer la séquence de mouvements ? Faites glisser les icônes à l’écran. La méthode de programmation permet même de créer des réflexes. D’un clic, en reliant un événement extérieur (son, lumière, contact...) à un comportement, tout devient possible. Tout ou presque, question de talent et de patience. Par contre, pensez à prendre le temps de lui apprendre à se relever avant de l’inscrire à une compétition de kung-fu...

Acroban, prenez-le par la main

 

Mais voilà, même si votre robot réalise désormais de nombreuses actions, il n’en reste pas moins limité par sa structure. Souvent très rigide, il peut s’avérer fragile et dangereux pour les humains. Un handicap répandu chez la plupart des robots actuels qui empêche un usage étendu de leurs talents comme, par exemple, l’assistance à la personne dans un environnement domestique.

Pour pallier à cette déficience, l’équipe de recherche Flowers d’Inria, en collaboration avec le LaBRI/Université Bordeaux 1, travaille sur Acroban.Ce robot humanoïde souple et robuste a été développé pour explorer des questions scientifiques fondamentales concernant le rôle de la morphologie chez les humains et les robots dans l'apprentissage des comportements moteurs (comme par exemple la marche) et sociaux (l’interaction avec autrui).

Construit avec des matériaux peu coûteux, Acroban peut tomber, expérimenter sans danger des mouvements nouveaux, apprendre et interagir avec des enfants… Ses actions sont si « humaines » et fluides qu’il suscite l’émotion, l’intérêt et l’envie d’interagir.

Ce travail permet d’ouvrir de nouvelles voies technologiques pour mettre en contact physique et émotionnel les robots avec des personnes adultes comme enfants, étape essentielle pour répondre à des enjeux sociétaux comme le maintien à domicile des personnes âgées.

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