Sites Inria

Le 28.05.2013

Comment publier votre roman sur Internet : les conseils de David Forrest

Les Français rêvent de publier leurs manuscrits sur Internet. Le mouvement de l’auto-édition semble lancé mais pour réussir, mieux vaut suivre les conseils d’un auteur à succès, tel que David Forrest...
Photo : Magalie L'Abbé (CC BY-NC 2.0)

Près de 10 millions de Français ont écrit un manuscrit, et le quart d’entre eux voudrait le publier. Chez un éditeur ou directement sur Internet ? Surprise, la majorité choisirait Internet (55%), selon un sondage IFOP-MonBestSeller de février 2013. Il est vrai que les succès d’auteurs américains peuvent faire rêver... Et on voit naître en France une génération d’auteurs, tel David Forrest, qui se sont lancés dans l’aventure avec bonheur. Voici ses conseils éclairés...

La règle d’or : proposer un texte de qualité


«La qualité du texte, c’est le point de départ et le point d’arrivée», résume David Forrest. Il faut donc soumettre son manuscrit à des connaissances avant d’envisager de le publier. Les meilleurs lecteurs sont à chercher en dehors de la famille «qui ne sera jamais objective, et arrondira les angles au moment de faire une critique». Car, insiste David Forrest «c’est une question de respect du public. Il faut donc avoir le courage d’affronter ses opinions, et cela commence par celles d’un premier cercle».

Bien présenter les textes


Quand un éditeur décide de publier un texte, celui-ci passe entre les mains de plusieurs professionnels. Pour arriver à un niveau de qualité comparable, «l’auteur qui s’auto-édite devra les remplacer - ou confier le travail à des indépendants». Pour veiller au respect de l’orthographe, les correcteurs intégrés aux logiciels de traitement de texte sont notoirement insuffisants : un pro ou un spécialiste s’imposent. A priori, une mise en page basique est faite automatiquement par la plateforme d’édition, ce qui évite de la prendre en charge. On peut aussi télécharger des modèles (templates) de mises en page, souvent gratuites.

Soigner le titre et la couverture


«Ce sont les premiers éléments que va découvrir votre lecteur : ils sont déterminants», souligne David Forrest. Pour preuve, les éditeurs y accordent beaucoup de temps et de talent ! En règle générale, les contrats d’édition prévoient d’ailleurs que le titre définitif est au choix de l’éditeur, et non de l’auteur. Ce qui révèle un conflit possible entre une vision «artistique» et une autre, plus «vendeuse» : un mini-sondage permet parfois de faire votre choix entre deux couvertures que vous mettrez en concurrence.

Ne pas sous-estimer la qualité technique des fichiers


Pour créer le texte de base, il suffit d’un traitement de texte classique tel que Word de Microsoft, Google Documents ou OpenOffice (ces deux derniers étant gratuits). Le format Word est un standard (.doc) et il est accepté par les plateformes d’édition électronique. «Généralement, la conversion du fichier .doc au format de livre électronique universel ePub est faite par la plateforme d’édition. Mais on peut éditer ses fichiers ePub avec un logiciel gratuit comme Sigil.» Au total, en plus du travail d’écriture, il y a donc des heures de travail à prévoir. «Pour arriver à un bon niveau de qualité, il faut de la patience et même de l’acharnement», insiste David Forrest. «Alors même si le succès n’est pas au rendez-vous, on pourra être content de ce qu’on a fait. Et ne pas avoir de regret en se disant qu’on a fait le meilleur travail possible».

Choisir une ou plusieurs plateformes d’édition


Il existe plusieurs plateformes susceptibles de publier gratuitement. Pour un public francophone, les plus courantes sont celles d’Amazon (Kindle Direct Publishing - KDP), d’Apple (iBooks Author), ainsi que Kobo-Fnac et YouScribe. Elles permettent de publier un livre électronique gratuit ou payant. Ces plateformes reversent entre 30 et 70% du prix du livre à l’auteur. «Pour publier ses textes, on peut, comme je l’ai fait, les mettre à disposition sur plusieurs plateformes et toucher un public plus large», explique David Forrest.

Choisir le bon prix de vente


C’est à l’auteur de fixer le prix de son livre, contrairement à l’usage habituel dans l’édition classique. «Pour faire mon choix, j’ai suivi raisonnement suivant. Pour un livre à 20€ HT en librairie, je toucherais environ 2€ en tant qu’auteur. J’ai donc fixé à 2€ le prix de mon premier livre numérique auto-édité», explique David Forrest. L’auteur conseille également de veiller à ce que le même livre soit finalement vendu au même prix sur des plateformes différentes. En effet, les plateformes n’ont pas toutes la même structure de rétribution de l’auteur, et la TVA peut varier d’un pays d’achat à l’autre. «Vous pouvez aussi proposer provisoirement votre livre gratuitement, pour augmenter vos chances de faire découvrir vos textes».

Espérer... mais pas trop


Plus une librairie est grande, et moins un ouvrage est visible... or Internet est la plus grande librairie du monde ! David Forrest recommande la sérénité : «Partir en se disant «ça ne va pas marcher» est une façon d’aller au devant d’une bonne surprise. Et puis c’est souvent sur la durée que la rencontre se fera avec les lecteurs. Mais pour chaque auteur, le simple fait qu’Internet donne une chance de proposer son texte au public, c’est déjà une grande victoire !»

 

--

Photo : cyrillic typewritter par Magalie L'Abbé (CC BY-NC 2.0)

Plus d’informations sur le sujet ?

Propulsé par