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Le 12.06.2013

Graffeurs et geeks réinventent le « street art »

Le « street art » évolue avec son temps, la besace du « street artist » aussi ! Aux bombes et pochoirs « traditionnels » s'ajoutent de plus en plus d'instruments numériques, de la tablette aux systèmes de graffiti robotisés dernier cri. Tour d'horizon des dernières inventions des graffeurs geeks et hackers urbains, avec le Graffiti Research Lab France (GRLF).

© OPHELIA NOOR / GRAFFITI RESEARCH LAB / CC-BY-NC-SA

Les graffeurs « old-school » sont encore réticents à s'approprier les nouvelles technologies ? Qu'on se rassure, la relève a déjà franchi le pas, si l'on en croit Jérôme Saint-Clair, fondateur de la branche hexagonale du Graffiti Research Lab (GRL).

Bien connu pour ses tags réalisés à l'extincteur, le « street artist » new-yorkais KATSU a par exemple été l'un des premiers partenaires du GRL, dont il exploite certaines technologies open source pour ses graffitis « vandales » (notamment le « Laser Tag » et la perche télescopique pour bombe de peinture « High Writer »). Et de ce côté-ci de l'Atlantique, les graffeurs ne sont pas en reste. Le Graffiti Research Lab, né en 2006 aux États-Unis, a en effet essaimé à travers le monde avec de nombreuses cellules autonomes qui inventent régulièrement de nouveaux outils de création. « Tous mis librement et gratuitement à la disposition de chacun », selon Jérôme Saint-Clair.

Parmi les projets ayant vu le jour, l'un des plus importants est sans doute le développement, dès 2009, du format de fichier GML « Graffiti Markup Language »,  qui permet de sauvegarder et d'exploiter le tracé d'un graffiti en enregistrant précisément son mouvement dans l'espace.

Les graffeurs numériques ont aussi créé la librairie logicielle GML4U pour le langage Processing. Elle permet d’enregistrer un tag pour le redessiner à l’écran, le projeter à grande échelle via un vidéo-projecteur ou encore l’imprimer avec une imprimante 3D. Une solution utilisée l'an dernier lors de l'événement « Processing Bordeaux », dédié aux technologies digitales créatives :

 

 

Plus surprenant, les designers, développeurs et électroniciens du GRL ont récemment mis au point une imprimante graffiti portable (Near Tag Quality)  pilotée par une simple carte Arduino et capable d'utiliser jusqu'à 7 bombes de peinture (ce projet open source peut être reproduit pour environ 200 euros, selon le GRLFR). Ils ont aussi conçu divers outils de « light-painting » utilisant des diodes électroluminescentes (LED) afin de relooker l'espace urbain ; « hacké » nos bons vieux Minitel ; et inventé le Printball, un système de graffiti robotisé fonctionnant « comme une imprimante jet d’encre géante dont la tête d’impression est un pistolet de paintball » :

 

 

S'y ajoutent plusieurs applications pour tablettes tactiles, un logiciel permettant de créer facilement ses propres stickers à coller sur les plans du métro parisien (Easy Subway Stickers Creator), et le dispositif Tag E.U.L.E. (pour « Electronic Universal Language Expression ») qui permet de convertir la parole, les SMS ou des messages Twitter en graffitis, pour les vidéoprojeter sur un mur.

 

 

Vous voulez voir les graffeurs en action ? Le Graffiti Research Lab France sera présent cette année au festival francilien du numérique Futur en Seine : le 16 juin 2013 débutera au CENTQUATRE la construction d’une installation collective constituée de briques lumineuses ; et du 22 au 23 juin les participants au festival de culture hip hop Hoptimum, pourront assister à des démonstrations de graff numérique et participer à différents ateliers pratiques.

 

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