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Le 18.11.2013

Andrea, danseuse réelle pour un public virtuel

Andrea Just est une pionnière. La jeune danseuse a participé au premier spectacle multi-localisé. Organisée sur la plate-forme GrImage à Grenoble dans le cadre du projet Visionair, la représentation artistique s'est déroulée le 7 novembre 2013. Récit d'une aventure européenne étonnante.

Qui es-tu ?


Je m'appelle Andrea, je suis née en Allemagne, j'ai étudié la danse contemporaine à Londres, et j'ai aussi la nationalité française. Je pratique la danse depuis que j'ai 5 ans, et j'en ai fait mon métier.

Je travaille à Barcelone avec une amie danseuse et chorégraphe. Nous avons créé la compagnie Hand Made Dance. Nous travaillons avec des artistes dans différentes disciplines : des architectes, photographes, designers... nous nous occupons de la danse, ils s'occupent du reste, et on construit nos spectacles ensemble.

Je travaille sur une plate-forme artistique, une art factory à Barcelone. Les artistes peuvent y entrer en résidence pour développer leur projet. C'est le cas de la compagnie audiovisuelle Iglor. Ils cherchaient à réaliser un projet avec l'aide de VisionAir. Iglor a pris contact avec des musiciens à Barcelone, Poznan et Vilnius. Ils avaient également besoin d'un danseur, et comme nous travaillons au même endroit, ça c'est organisé très vite.

Au lieu de danser devant le public à Vilnius, tu as dansé entourée de caméras, est-ce différent ?


La première différence, c'est qu'il faut imaginer le public. Il faut imaginer sa présence, son regard, ses attentes. Parce que même si je ne le vois pas, le public est réel, et il me voit au moment où je danse.

Andrea Just danse dans la salle GrImage (Inria Grenoble)

Andrea Just danse dans la salle GrImage (Inria Grenoble)
 
Il y a des contraintes spatiales. Par exemple, l'espace dans lequel je peux danser, au milieu des caméras, est très limité. Il faut faire de plus petits mouvements. Sur une scène, je suis libre. Si je vais dans la mauvaise direction, le public ne s'en rend pas compte. Je peux improviser. Ici, il faut être plus exigent. Il faut aussi se concentrer s'orienter. Où se trouve l'avant de la scène, le public, Barcelone, Poznan ? Tout est intégré par ordinateur autour du clone numérique, mais il n'y a pas de repère dans la salle de capture. Les ingénieurs m'ont expliqué comment m'orienter, mais la salle est identique quelque soit le côté où je regarde, ça demande beaucoup de concentration.
 
Dernière chose, dans ce groupe, je suis la seule danseuse. D'habitude, quand on danse, on a un feedback sur ce qu'on fait, mais ici, personne ne connaît rien à la danse... Je ne sais même pas à quoi l'avatar va ressembler, j'ai vu des photos, mais aucun de mes mouvements. Donc je me dis "ok, je ne sais pas à quoi ça va ressembler, mais je le fais !" L'important, c'est d'imaginer que je suis sur scène.
 
 

Interview (en anglais) d'Andrea Just.
Écoutez Andrea expliquer comment elle s'est préparée à danser devant les caméras.


Est ce que c'est toujours du spectacle vivant ?


Bien sûr ! Même si c'est indirect, même si le public regarde un avatar, je danse au même moment, donc c'est vivant. Les différents acteurs du spectacle sont éloignés géographiquement, mais d'un point de vue temporel, nous sommes ensemble.

 

La silhouette de la danseuse en mouvement est reconstruite en temps réel et diffusée sur la scène virtuelle

La silhouette de la danseuse en mouvement est reconstruite en temps réel et diffusée sur la scène virtuelle.
Scène modélisée par Laurence Boissieux, mise en scène par Matthijs Douze

 

Les artistes jouent avec la technologie depuis quelques années, sur scène. Ici, c'est la technologie qui utilise la performance artistique pour créer le spectacle ; la technologie s'occupe de l'art. C'est ce qui me marque le plus dans cette expérience.

 

 

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