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Le 16.04.2013

Départements : des frontières tombent

Au moment où la France songe à réduire le nombre de ses Départements, une réalisation concrète les met en synergie. La plateforme Départements-en-réseaux se propose d’offrir aux agents administratifs départementaux un réseau social «à la Facebook», pour mieux travailler ensemble. Interview de Jean-Christophe Frachet, chef de projet associé.

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© Belterz / iStockphoto

A quoi sert concrètement la plateforme Départements en réseaux ?

La vocation de la plateforme est de donner un réseau collaboratif à tous les agents publics départementaux de tous les départements français. Grâce à elle, ils peuvent, à la manière de Facebook, entrer en relation pour partager leur expérience professionnelle.

Ce croisement d’expérience est rendu possible par le fait que ces agents ont tout intérêt à partager leurs informations. Le service public n’est pas en concurrence avec lui-même. Son utilité sociale repose sur un principe simple : si de l’argent public a été dépensé pour résoudre un problème localement, cela doit profiter à tous.

La plateforme est néanmoins réservée aux agents, ne serait-ce que pour éviter de divulguer des informations à d’éventuels fournisseurs... Elle a été financée et est hébergée par le Conseil général de l’Essonne.

Grâce à cette plateforme, les agents départementaux peuvent donc mieux travailler ensemble. Quelles retombées le citoyen peut-il en attendre ?

Au sein de l’Etat, les Départements ou Conseils généraux engagent environ la moitié de leur activité et de leur budget dans le domaine social : aide sociale, handicap, personnes âgées, RSA... Ces domaines sont complexes sur le plan technique et ils évoluent constamment en fonction de la législation et des politiques engagées. Ce sont aussi des domaines d’expérimentation locale. Du coup, certains Départements ont une expérience à partager ou à capter, suivant le cas. Il est donc très utile de pouvoir signaler à la communauté un besoin d’information particulier ou un outil éprouvé.

Dans la mesure où les membres de la plateforme peuvent être force de proposition vers l’Assemblée des départements de France, ils peuvent faire remonter vers les élus des problématiques ou des solutions - lesquelles pouvant être d’échelle régionale ou nationale.

La plateforme est ouverte aux agents administratifs depuis quand ?

Départements en réseaux est en phase pilote depuis juin 2012, date à laquelle elle a été ouverte et présentée à Fleur Pellerin et au Président de l’Assemblée des Départements de France notamment. Nous avons adopté une logique d’ouverture très progressive, afin de permettre une montée en charge sans anicroches et de peaufiner les fonctions offertes. La population visée, les agents administratifs des départements français, dépasse en effet les 200 000 personnes. Nous sommes résolument engagés dans une démarche adaptative, innovante, centrée sur les utilisateurs. A noter que nous avons développé un module pour faciliter son accessibilité aux non-voyants.

En quoi est-ce une sorte de Facebook, permettant des échanges faciles entre des personnes ?

Comme sur Facebook, un agent administratif peut y créer sa fiche personnelle, d’une part, et rejoindre ou créer un groupe de personnes, d’autre part. Ces groupes permettent de se concerter pour des raisons multiples : faire de la veille d’information, discuter d’une thématique précise, échanger autour d’un projet, etc. Les groupes peuvent être fermés (c’est-à-dire réservés à une liste pré-établie d’utilisateurs ou fonctionnant sur invitations), ou ouverts suivant la volonté du ou des créateurs du groupe.

Mais les possibilités offertes vont au-delà de Facebook, et sont typiques des plateformes collaboratives. Suivant la vocation d'un groupe, celui-ci peut être visible à tous ou non ; les groupes choisissent les outils qui leur semblent le mieux adapté à l’échange de connaissances : blog, wiki, agenda, dépôt de fichiers... A souligner que le choix technique que nous avons fait est de s’appuyer sur Elgg, un outil logiciel gratuit et open source.

Quel exemple d’usage peut-on en donner ?

La plateforme repose sur le dynamisme de l’agent qui choisit de s’impliquer, et sur les éventuels débats qui caractérisent la communauté. Typiquement, il y a aujourd’hui des groupes et des débats autour d’un outil de cartographie comme Open Street Map. Il s’agit d’un outil gratuit et open source alors que des outils propriétaires existent, avec leurs avantages et inconvénients. Que faut-il choisir ? Comment mieux l’utiliser ? Quelles solutions pour l’interopérabilité ? Quels avantages et inconvénients du point de vue open data ? Les agents administratifs qui utilisent quotidiennement ces outils ont une vraie expertise à partager sur ces points.

Est-ce qu’Inria se trouve impliquée dans le projet Départements en réseaux ?

Non, mais Inria utilise Elgg, le même outil logiciel open source autour duquel nous avons développé la plateforme Départements-en-réseaux, en interne pour faciliter le travail collaboratif ses acteurs. Par ailleurs, Inria héberge la communauté francophone de Elgg et participe également à l'amélioration de ce bien commun numérique.

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