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Le 12.12.2013

La classe inversée : la classe dans le bon sens…

Le numérique va-t-il mettre l'école la tête à l'envers ? On l'espère ! David Bouchillon est un des premiers professeurs français à utiliser la méthode de la "classe inversée" et il partage son expérience sur Inriality.

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© Erica Guilane-Nachez - Fotolia.com

Depuis quelques années, les enquêtes sur l’école sont de plus en plus inquiétantes tout particulièrement sur le cycle du collège. Les professeurs constatent de plus en plus d’élèves démotivés, manquants d’implication et une certaine passivité en classe.

C’est face à ce problème qu’une méthode venue des Etats-Unis se développe : la classe inversée. Celle-ci est née aux Etats-Unis avec les expériences d’Eric Mazur, Professeur à Harvard et de Salman Kahn. Pratiquée aussi au Canada, peu d’enseignants se sont lancés en France. Le principe en est simple : il s’agit du renversement de l’organisation traditionnelle de la classe caractérisée par la leçon en classe et des devoirs ou exercices à la maison. A la place : leçon à la maison et exercices en classe.

La classe inversée comprend trois phases. La phase magistrale se déroule à la maison, avant le temps de classe : l’élève s’immerge dans le cours à partir de vidéos, il recopie les titres, les mots de vocabulaire. Ce travail de préparation se compose uniquement de tâches simples que tout élève est capable de faire sans aide Il est vérifié à distance par le professeur via un questionnaire en ligne. S’il n’a pas accès à internet, l’élève peut le faire au collège. La seconde phase se déroule en classe : c’est la phase d’entraînement : la mise en activité se fait en groupe avec des activités variées (études de documents, tâches complexes, cartes mentales, schémas, serious games). Les connaissances sont toujours apportées par les élèves dans la troisième phase dite de production. Les élèves sont toujours les auteurs de leur trace écrite, de ce qu’ils vont apprendre sous des formes variées (schéma, paragraphe, carte mentale, podcasts).

L’élève est mis tout au long du parcours d’apprentissage en situation d’autonomie c’est à dire en situation de faire des choix pour lui-même ou son groupe : ainsi, il choisit le type d'activité ou bien le niveau d’autonomie de l’activité qu’il veut réaliser. L’autonomie est aussi développée lors des activités notamment les tâches complexes. Pour les évaluations, l’élève peut aussi être poussé à l’autonomie par la pratique de l’évaluation choisie : l’élève choisit ce qu’il veut évaluer quand il se sent prêt à être évalué. Il dispose de l’évaluation dès le début de la séquence en ligne. L’évaluation n’est pas un piège, elle est transparente. Par ailleurs, l’élève peut aussi demander à être réévalué. Pour ce qui concerne le professeur, ce dernier est mis en situation d’accompagnateur, d’organisateur, tout le savoir ne vient plus de lui. Le savoir nest plus descendant mais horizontal.

Le cœur de tout cela est le plan de travail sur le site internet du professeur qui établit le travail personnel à faire et les activités en classe. Les élèves peuvent aussi s’autoévaluer, s’entraîner avant de demander à être évalués.

                                               >exemple de plan de travail sur une séquence

Les avantages de la classe inversée sont multiples. C’est d’abord le développement de capacités rarement mises en œuvre dans l’éducation classique : l’autonomie, le travail en groupe, la réalisation par soi-même de la trace écrite. La classe inversée permet aussi le réinvestissement de tous les élèves qui se mettent tous au travail car le travail en groupe, l’évaluation choisie les rendent aussi responsables.

Surtout, cela donne du sens au métier d'enseignant pour le professeur et du sens au rôle de l'élève dans la classe. En bref, la classe inversée permet de rendre l’élève acteur de sa formation.

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