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Le 18.05.2013

Remixer les collections des musées

Si elles ne sont pas toujours une fin en soi, les technologies numériques facilitent l'émergence de nouvelles formes de médiation culturelle et peuvent inciter de nouveaux publics à s'approprier les collections. L'enjeu : faire évoluer les habitudes et pérenniser les échanges.

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Muséomix - Quentin Chevrier

« Tweetez la Nuit avec #NDM13 et rendez-vous le 18 mai prochain ! » Le ton est donné dès la bio Twitter de @NuitdesMusees : la Nuit européenne des musées sera numérique ou ne sera pas... Au programme de la 9ème édition, qui sera organisée dans plus de 3000 musées européens le 18 mai 2013 : des soirées thématiques, des découvertes de collections, des spectacles, mais aussi de nombreux échanges sur le Web « dans une dynamique de partage », précise le ministère français de la Culture dans un communiqué de presse.

Le phénomène n'est pas nouveau. La Nuit européenne des musées, qui débute chaque année au coucher du soleil pour s'achever aux premières heures du matin, a commencé à investir les médias sociaux dès sa création en 2005. Elle donne aussi naissance chaque année à de multiples expérimentations sur la Toile, tel le jeu transmédia « Cherche Tom dans la Nuit » organisé en 2011.

Partout ailleurs les initiatives numériques se multiplient également. Entre autres exemples, les développeurs de la jeune pousse Gamit viennent de concevoir, en partenariat avec l'Office de Tourisme Rouen vallée de Seine Normandie, une application ludique qui accompagnera sur mobile les visiteurs des sites impressionnistes du centre-ville de Rouen dans le cadre de la prochaine édition du festival Normandie Impressionniste  (du 27 avril au 29 septembre 2013). Au menu ? De la réalité augmentée, une chasse aux flashcodes en deux dimensions (QR codes), des quizz et des énigmes élaborées avec l'aide d'un consultant en médiation culturelle et de conférenciers spécialistes du sujet.

Médiateurs 2.0


La difficulté de ce type d'initiatives ? « Faire évoluer les comportements, ce qui nécessite de sensibiliser davantage tous les niveaux hiérarchiques dans les musées et d'apporter plus de continuité aux projets », souligne Diane Drubay, consultante en communication muséale (Buzzeum), notamment pour le musée national Henner et la Fondation Monet à Giverny. « On parle beaucoup des outils et pas assez des usages », ajoute-t-elle. « Or tout l'enjeu consiste à développer de nouvelles approches de la médiation culturelle, en permettant aux Français d'entrer en connexion avec les musées par de nouveaux biais et en les aidant à interagir entre eux. »

C'est précisément l'un des objectifs de Museomix, un événement co-fondé en 2011 par Diane Drubay, qui réunit chaque année « des professionnels de musées, des acteurs de l’innovation et du monde numérique, des amateurs d’art et de sciences, et d'autres passionnés d'éducation et de culture » pour « engager un changement dans les musées ».

Les solutions testées par la communauté des « museomixers » n'ont pas vocation à rester dans un petit cercle de passionnés. Au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière, qui a accueilli Museomix 2012, les prototypes d'expériences sont par exemple restés visibles au sein des collections du 23 au 28 octobre 2012. Le temps pour tout un chacun « de les tester et de donner son avis », se réjouit Diane Drubay.

L'envie vous taraude de passer aux platines et de contribuer au passage au numérique des musées hexagonaux, pour la plupart encore à la traine ? La prochaine édition de Museomix se tiendra cette année du 8 au 10 novembre dans six régions, en France, au Royaume-Uni et au Canada. Les « museogeeks » les plus avertis seront très certainement nombreux. Mais selon les organisateurs, le but est cette année encore d'inclure « une grande diversité de compétences et de niveau professionnel ». Pourquoi pas vous ?

 

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Photo : Quentin Chevrier - Museomix photo (CC by sa)

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