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Le 16.07.2012

Les musées, à l’aube d’une révolution numérique ?

Quelle effervescence ! Autour des musées, longtemps restées éloignés du numérique, les initiatives et les recherches se multiplient. L’enjeu est de donner, à l’amateur d’art comme au simple curieux, de nouvelles raisons de venir voir les œuvres. Artistes, chercheurs, entrepreneurs ont engagé le dialogue... Ensemble, ils tissent des réseaux pour que le numérique apporte une dimension supplémentaire à la muséographie.
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Utilisation des Nintendo 3Ds au musée du Louvre Flickr - © audreydefretin - Creative Commons

Grâce à de nouveaux outils d’interaction, les musées peuvent envisager toute une gamme nouvelle de relation aux œuvres présentées. L’un de ces outils est, par exemple et de manière évidente, le smartphone du visiteur ; d’autres encore plus exotiques sont aussi envisageables. Comme l’explique Laurent Grisoni responsable de l’équipe de recherche Mint chez Inria à Lille : « De nombreux scénarios d’usage sont envisageables. On peut imaginer travailler à définir une sorte de continuum entre ce qu’on peut faire avant, pendant et même après la visite. Il y a d’abord la planification, sur le web, de la future visite. Et on pourrait aussi diffuser, pendant la visite, des informations adaptés à ce qu’est la personne, et ce qu’elle attend de sa visite. Puis après la visite, apprécier de revoir, approfondir ou partager certains moments privilégiés. Les réseaux sociaux sont aussi un sujet que les musées doivent encore s’approprier. »

En France se dessine ce qui pourrait être un cluster du « numérique culturel », pouvant associer artistes, institutions, associations, PME, structures de recherche... avec de vraies capacités innovantes et de belles chances de succès. Olivier Nérot est l’un de ces nouveaux acteurs, au croisement des arts et des sciences numériques : « D’abord chercheur en bio-informatique, j’ai monté une structure dédiée à l’innovation : ANteiKA. Depuis, j’ai mis en place divers projets qui ont pour point commun les comportements en réseaux - qu’ils soient neuronaux ou humains. Cette approche a influencé le projet Kaleidomix, développé suite à Museomix, avec les sociétés Le Vent Tourne pour la scénarisation, et Frédérique Santune pour la création graphique. La question est de savoir comment fusionner les parcours individuels des visiteurs dans un musée. Il ne s’agit pas d’être intrusif, ou de faire du musée un lieu de rencontre, mais plutôt de permettre de partager autour d’une exposition, rendue un peu plus interactive et ouverte. »

Sur plusieurs écrans géants, disposés au fil de l’exposition, on peut donc voir en temps réel, on peut aussi disposer de ses informations via smartphone. Ce qui ouvre des possibilités intéressantes comme la constitution de groupes d’amis, l’annonce d’un événement programmé (le début d’une conférence, par exemple). On peut aussi suivre un parcours particulier, en fonction de son profil : les enfants, par exemple, pourront participer dans une logique plutôt ludique. Un expert ou un étudiant en art, en revanche, se verra proposer une autre scénarisation, voire de la documentation complémentaire ou un catalogue d’exposition personnalisé. « On pourra aussi s’inspirer du parcours suivi par une personne avec laquelle on compte des points communs, découvrir des groupes d’objets, des messages échangés... De grands musées publics se sont montrés intéressés par ce dispositif », précise Olivier Nérot.

 

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