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Le 26.04.2013

La numérisation du patrimoine selon Google

Tantôt craint, tantôt attendu comme le messie, le projet Google Books de numérisation des fonds culturels va de l'avant. Plus de 20 millions de livres auraient déjà été numérisés à l'international, où les alternatives se multiplient.
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© Photogl / iStockphoto

Entamé en 2002, le projet Google Books (anciennement Google Print, parfois appelé Google Livres en français) de numérisation des livres ne laisse personne indifférent... Si des adeptes se réjouissent de voir arriver sur le Web la « plus grande bibliothèque du nombre », fruit de la numérisation des fonds patrimoniaux de plusieurs bibliothèques nationales et universitaires, les éditeurs et leurs associations s'inquiètent, eux, de voir le géant de l'internet s'emparer de leurs fonds de commerce pour le monnayer, faisant fi des principes de protection des droits d'auteur.

Du côté des institutions, il a aussi les « pour » et les « contre ». Quand Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque national de France de 2002 à 2007, dénonce le risque d'une domination de Google et de l'Amérique « dans la définition de l'idée que les prochaines générations se feront du monde », son successeur Bruno Racine se montre plus pragmatique et prône une « alliance exigeante » laissant la possibilité aux acteurs de l'édition « de s'adapter au nouveau monde en conservant leur indépendance ». Idem pour la commission des finances du Sénat, qui estimait en 2010, dans un rapport sur « la politique du livre face au défi du numérique », qu'il faudrait à la BnF avec ses moyens actuels « environ 750 millions d'euros et 375 ans » pour numériser son patrimoine d'environ 15 millions de livres. Et ce, alors qu'elle pourrait accomplir cette tâche en seulement 10 ans avec l'aide – non-exclusive – de Google.

Appelé en « renfort » par la Bibliothèque municipale de Lyon ou la British Library, par exemple, Google semble de plus désormais avoir enterré la hache de guerre avec les principaux éditeurs européens et américains, en leur laissant la possibilité de décider des ouvrages de leurs catalogues pouvant être numérisés ou d'en demander le retrait s'ils ont déjà été scannés. C'est notamment ce que prévoit l'accord-cadre sur la numérisation des livres épuisés signé avec le Synduicat national de l'édition (SNE) en France 2012,.

La voie est libre pour Google ? Pas si sûr...

Car pendant que se menaient les tractations et batailles juridiques, d'autres projets ont mûri. C'est le cas de la bibliothèque numérique européenne Europeana, lancée fin 2008 par la Commission européenne en partenariat avec plus de 1 500 institutions, qui a franchi dès 2010 le cap des 14 millions d'œuvres mises en ligne (livres, photographies, cartes, tableaux...). C'est aussi le cas des projets portés par la BnF, telles les archives numériques Gallica.fr ou la récente publication d'un « Registre des Livres Indisponibles en Réédition Électronique » (ReLire). Un registre – contesté – qui compte déjà quelque 60 000 références que l'institution prévoit de numériser et de remettre en vente en gestion collective.

Enfin, aux États-Unis même, Google Books devra désormais composer avec une toute nouvelle bibliothèque numérique publique : la Digital Public Library of America. Indépendante de Google, celle-ci offre dès à présent aux visiteurs un accès à plus de deux millions de documents issus des collections des plus grandes bibliothèques et archives du pays.

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